martine et ses amis

Tout le post précédent, c'était pour vous expliquer mon historique. Est-ce pour cela que je ne sais pas faire ? Que je suis maladroite ? Que finalement, je préfère être seule ? Que je ne sais pas trop entretenir l'amitié ? Que j'ai souvent l'impression d'être à l'extérieur de mon corps quand je suis en groupe ? 

Après mon adolescence, assez vite (j'avais 21 ans quand je l'ai rencontré) j'ai épousé mon mari. Enfin, mon premier mari. Lui aussi il a un sacré passif avec l'amitié. Gosse de pauvres (très très pauvres), fils d'immigrés, il a passé son enfance à Neuilly, là où l'on n'aime ni les uns, ni les autres. Vous dire son mal-être ne tiendrait pas sur cette page. Comment vivre à Neuilly avec des fringues achetées aux puces, un appartement sans confort, des livres d'occasion, des parents à peine francophones ?? En se méfiant de tout et de tout le monde. C'est comme cela qu'il s'en est sorti. En s'inventant une autre nationalité, une acceptable, et en n'ayant jamais, jamais, jamais d'amis. En refusant toutes les invitations, pour ne pas avoir à les rendre... En ne racontant pas sa vie. En s'assurant sur le chemin de l'école de n'être pas suivi par un quelconque écolier ou lycéen (Haaa le fameux lycée Pasteur), afin que personne, non personne ne sache où il habitait !!!

Vous pensez bien que toutes ces années de "clandestinité sociale", lui ont laissé des séquelles indélébiles. Au final, c'est un pire sauvage que moi, il ne lie jamais aucun rapport amical quel qu'il soit et son leitmotiv c'est "raconte pas ta vie". 

J'ai connu avec lui, pendant 18 longues années, un no-man's land absolu, au point qu'il avait fait à peu près le vide complet autour de nous. Il se méfiait de tout le monde et ne se livrait jamais.  A part ma mère et ma soeur, nous n'avons jamais reçu personne à la maison (étant donné mes relations avec SA famille). Je pense d'ailleurs que cela a affecté le développement de mon ainé dans sa prime enfance, il vivait trop en vase clos... J'aurais voulu qu'il ait plein de cousins, cousines, oncles, tantes... 

Puis j'ai divorcé, et j'ai retrouvé un emploi. Heureusement, cet emploi ne m'obligeat pas immédiatement à avoir des collègues au quotidien, j'avoue que j'aurais eu du mal à les gérer. Mon emploi suivant, 7 ans plus tard, me forçat à composer avec des collègues, et ce fut parfois difficile, aujourd'hui ça l'est toujours, et j'apprécie ma solitude les jours de télétravail  !!

Dans le même temps, ma nouvelle vie, avec mon nouveau mari, impliquat quelques apéros chez des voisins, des réunions associatives, puis des réceptions, au début j'étais un peu perdue, je ne savais pas trop faire ! Aujourd'hui encore, je suis mal à l'aise en groupe, je ne sais pas trop comment me comporter, je peux me replier dans un coin et observer, stupéfaite de ce que je vois... Mais je sais aussi me forcer et calquer mon attitude sur celles des autres... Je suis sûre que j'ai quelques lecteurs ici, qui dinent régulièrement avec moi qui vont s'étonner de ce qu'ils lisent !!!

A mon boulot, il y a une familiarité extrème, et face à l'adversité tant des clients que de l'institution, on fait front commun. C'était surtout vrai dans mon ancienne agence.

J'ai cru que je m'étais fait des amies. Des vraies. Comme je n'ai pas tous les codes sociaux de l'amitié, ben pour moi, un/une amie ça devient un bout de moi, comme de la famille en fait. Je fais une confiance absolue, je partage tout, je suis limpide, franche, droite, honnête... 

Très vite je me suis aperçue que non, en face c'était pas ça. Des collègues restent des collègues, avant tout. Que si on me demande en amie FB c'est souvent pour me lire et pas pour échanger, que je suis en "restreint" car on ne partage pas tout avec moi, voire que l'on se sert de ce que j'écris contre moi dans la vraie vie, ce n'est pas par amitié,mais par curiosité. Que dire de ceux qui (et je pense aussi à des membres de la famille de mon mari), vous le savez, vous qui me lisez depuis longtemps, qui se servent de ce qu'ils lisent ici pour me faire du mal, m'instrumentaliser, le répandre à des fins nuisibles.... J'apprends... En amitié comme dans le reste, il me faut apprendre, ma vie de femme au foyer pendant 17 ans m'a protégée de toutes ces turpitudes... Par nature en plus je ne donne pas dans l'hypocrisie, alors....

Je comprends peu à peu ce qu'amitié veut dire, et ce mot aujourd'hui est galvaudé. Il s'agit plus de relations sociales que d'amitié sincère, il faut faire la différence. Des vrais amis mon mari et moi en comptons peu, nous trions sur le volet... On a un petit cercle fidèle et ça nous suffit, mais je connais les limites... En amitié comme dans le reste, à notre âge nous avons besoin du meilleur, et seulement du meilleur....

J'ai fait beaucoup de ménage autour de moi, cette année. Et puis j'ai compris, je donne à hauteur de ce que l'on me donne. Je traite comme on me traite. Je ne mendie pas un peu d'affection car je n'en manque pas. Je ne veux en aucun cas obéir à des règles imposées par un groupe au nom d'une pseudo amitié. Je suis un esprit libre et qui veut mon amitié doit le comprendre... et le respecter...

Peu d'amis de la vraie vie ont accès à ce blog, et plus personne de la famille sauf mon fils le plus petit, parce que j'entend que cet endroit soit mon déversoir, et de n'avoir en retour aucun jugement de valeur. Ici, c'est un peu la page blanche de mon cerveau, là où je pose mes réflexions, juste des réflexions qui n'impactent pas toujours ma vraie vie. Le poser ici m'aide souvent à y voir plus clair et à dire moins de bêtises. (ou pas)

Depuis que je suis en paix avec moi-même, on s'entend bien moi et moi, avec mes hauts et mes nombreux bas. Point n'est besoin de me justifier, de me plier à des conventions, d'être telle que l'on m'attend...

J'appréhende le retour au travail car là plus qu'ailleurs, obligation m'est faite d'être une autre. Et je n'y arrive plus....

aggie