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Il est tard. Je suis fatiguée. Désabusée. La journée a été mauvaise. Encore un non francophone. Un sentiment d'impuissance et d'injustice  m'a envahie, car il succèdait dans mon bureau à des français de souche, avec de longues vie de cotisations diverses et variées derrière eux, sans parler des impôts bravement acquittés depuis des décennies, et qui pour cause d'âge avancé (on est sénior à 50 ans) sont sans solution. Sans solution financière. Sans avenir professionnel et donc personnel. Dans une précarité déchirante.

Alors, ce non francophone, très aidé par notre généreux système social, qui, de par la barrière de la langue n'est pas prêt à travailler avant de longues années, ça m'a agacée. Même si au demeurant,le pauvre était sympathique et aimable. 

Il y a des jours comme ça, à se taper la tête contre les murs tant mon boulot est vain ! Lassitude. Quadrature du cercle. 

Je sais exactement le prix des erreurs de nos politiques. J'y suis confrontée chaque jour. Je ne vois pas comment on va pouvoir sortir de ce marasme. Vraiment pas. Je ne crois plus au Père Noël ni aux voeux de nouvelle année...

Il s'agit de survivre le moins mal possible. De se préserver. Essayer de laisser quelques biens pour assurer un minimum d'avenir à nos enfants. Un minimum. Eviter de calculer. En 2050 j'aurais 88 ans, fils numéro 1 aura 65 ans, et fils numéro 2 60 ans. Et entendre Macron débiter ses réformes pour 2020, 2050... Laisser notre avenir dans ces mains impures et perfides... Se révolter, mais trembler de peur en fait.

Mourir n'est rien. Vieillir est terrible. Mais le pire, c'est la décadence à laquelle ils nous contraignent. Que restera-t-il de la classe moyenne en 2050 ? Que restera-t-il de la culture Française en 2050 ? Est ce que je suis obligée de vivre ça ? D'assister à la démolition de tout ce qui a été construit, gagné par mes ancètres ? De voir mes enfants évoluer dans un monde que je ne leur ai pas choisi ?  J'ai pas envie, vraiment pas, franchement non ! 

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