noel

Les cartons de décorations sont sortis. Je les regarde de mon canapé avec une hostilité rare... Comment fais-je les autres années pour caser tout ça dans ma petite pièce, plus les 6 personnes attendues ? Pffffffffff Il va pourtant falloir. Demain peut être... 

J'ai finalement eu mes fils au téléphone, numéro deux vient tout juste de rentrer d'un périple Canada/New York, il est enclin à être un peu indulgent avec les coutumes de sa vieille mère. Numéro un a senti le vent tourner dans le dernier message que je lui ai laissé et m'a appelée bien aimablement. Le menu est fixé selon leurs désidératas et les aversions alimentaires de Mme Bellefille. C'est que, dans mon dévouement je dois préparer le réveillon du 24 ET le repas du 25 (car ma soeur ne peut venir que le jour, elle habite loin et ne conduit pas de nuit). De plus, j'aurai l'honneur de loger Monsieur Ex et numéro deux...  Bon, le volet bouffe est au point, il faut dire que Noël est sans vraie surprise, son cortège d'huitres, de foie gras, d'escargots, de chapon et de marrons est inévitable. Je ferai des cup cakes mignons pour faire plaisir à mon fils mais point de bûche, car j'ai promis de la faire à mes amis pour le 31... 

Côté cadeaux, il se confirme que de simples chèques suffiront à leur bonheur, peut être pour financer un petit bout de voyage ultérieur... Un peu frustrant, mais je conçois qu'entasser des objets n'est pas une fin en soi. Mon espoir de jouer le père Noël résidait en ma nièce et mon neveu... Hélas, 3 fois hélas, ils me demandent des cadeaux high tech hors de prix, allant même jusqu'à me faire un argumentaire commercial sur le téléphone demandé, le site où l'acheter, sans oublier (vraie graine de consommatrice du 21ème siècle) le paiement possible en 3 fois sans frais ! Comment dire... cette lettre de Noël m'a quelque peu choquée ! Mon neveu lui veut une console hors de prix, que son père s'empressera de lui confisquer, donc...

Alors, moi qui frémis quand on prononce le mot Noël, car je porte dans mon coeur les formidables fêtes racontées par Laura Ingalls Wilder, de Noëls d'amour, de bonheur, de simplicité, d'enfants ravis d'une pomme lustrée, d'un crayon de bois, d'un sablé au beurre... Cette année il ne sera question que d'argent, et ça me laisse sur ma faim, ça me déçoit, ça me blesse même... Quid des petits préparatifs en cachette, des jolis paquets, des surprises inattendues, des miracles réalisés pour combler chacun avec de maigres moyens ? Non, là il va s'agir de faire quelques chèques et de les glisser dans une enveloppe... 

Peut être que la magie de Noël reviendra nous caresser lorsqu'il ne restera plus rien aux classes moyennes et qu'à nouveau on pourra se réjouir d'une pomme lustrée sans pesticide ou d'un crayon qui n'écrit pas sur un écran...Pour l'heure, le moment est commercial et religieux. Deux domaines qui me font horreur...

Je vais essayer comme les autres années d'au moins semer dans le coeur de mes enfants, les germes d'une famille unie et aimante se retrouvant dans l'unique but de se prouver son amour et le plaisir d'être ensemble. Ce qui est la plus grande richesse que l'on puisse avoir, et qui est bien rare dans nos sociétés sinistrées par l'argent et le virtuel.

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