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Je me suis faite agresser vendredi matin, au boulot. Peu de choses. La routine. Mais je suis fatiguée. Rien qu'un excité qui veut ne rien foutre et veut de l'argent. Il connaît ses droits. Il exige... Il s'énerve, Il insulte. Il menace. Pour les miracles cependant ce n'est pas la bonne porte, tu peux faire ta colère et te rouler par terre. Non, c'est non.

Du coup,  je n'ai plus envie.

Cette guerre quotidienne pour remettre au travail des gens qui déjà ne sont même pas dans la réalité économique et politique du pays ! Pfffff. Ce décalage entre ce que je suis, ce que je pense et l'institution... C'est difficile. On prend sur soi toute la journée et on en prend plein la figure...Je suis lasse. Non le boulot de tes rêves n'existe pas. Non tu ne peux choisir ni ton salaire, ni tes horaires, ni l'endroit où tu bosses. Tu trouves un job, tu dis merci et tu fermes ta gueule.


Au lieu de vitupérer, s'ils allaient faire la révolution dans la rue, dans les beaux quartiers... Et s'ils votaient correctement pour une fois... Mais non... Ils préfèrent brûler les voitures sur le parking de leur cité, celles des parents de leurs copains. Ils préfèrent vendre du shit et transformer en zombies des générations entières. Ils préfèrent se plaindre et se victimiser plutôt que de relever les défis... Ils préfèrent la parole des Imams à celle des hommes de gauche...

Alors j'ai envie de leur crier : "ta gueule, fais chier, connard"

Là-bas je ne peux pas. Ici, c'est chez moi, je peux.

Pareil pour mon mari et ses parents d'élèves revendicatifs, et laisser-aller, qui trouvent normal de prendre une RTT pour partir en week-end mais pas pour participer à une équipe éducative pour aider leurs enfants... Quant aux élèves... Normal d'invoquer Allah en classe à 5 ans ?? Normal de prévenir la maitresse : "la prochaine fois je cogne" ???  Comment dire ?

On est trop vieux pour ce monde. En fait, c'est allé trop vite, bien trop vite. On ne peut pas s'adapter. En tous cas moi je ne m'adapte pas.

Toute gauchiste, féministe, libérée,  que je sois,  ce monde sans repères, sans contraintes, ce monde de compétition, de faux semblants, de paraître, de narcissisme, d'indifférences, ne me convient pas. Je m'y sens à l'étroit. Et puis, il y a trop de gens, partout. Une impression de foule permanente, hostile, dangereuse, comme une vague de fond qui me scierait les jambes et me ferait tomber...

Je cherche la solitude, le calme, le silence. Toute la journée je bosse dans le bruit. Une ruche. Durant le repas de midi pas de répit, la salle commune de repas ne permet pas de se reposer. Il faut parler, et subir les bavardages anodins qui m'exaspèrent intérieurement. Bien sûr, je n'en laisse rien voir... Souriante, aimable et toujours prête... Mais bouhhhhh !!

Il me tarde de retrouver ma Bretagne pour quelques jours. Encore 15 jours à tirer. Pour l'heure j'attaque mon 16ème jour de mal de tête et de nuque bloquée... Que du bonheur.

Et demain, faire comme si tu ne redoutais pas un nouvel "incident" ou pire. Parce que ça fait un moment que j'ai un mauvais pressentiment et que je redoute le pire... J'espère que je me "fais un film".

Bonne semaine.