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Non, parce que franchement, je ne suis pas trop soleil et grosse chaleur, mais là, ça va bien la grisaille et l'humidité ! Personnellement ça me monte à la tête, au moral, et mon arthrose s'en donne à coeur joie. 

Donc pour résumé, j'ai mal et je suis triste. 

Mercredi, j'ai passé mon entretien pour mon deuxième boulot. Quel cinéma ! Expédition à l'autre bout de Paris, entretien piégé à deux contre un... Comme un entretien d'embauche alors que tu bosses là depuis 6 ans ! Pffffffff Bon, ça ne s'est pas trop mal passé, de mon point de vue, mais que cherchent-ils exactement ? Comme tous les patrons, le mouton à cinq pattes, qui sait faire la danse du ventre, et est taillable et corvéable à merci.

Bien sûr, je leur ai laissé penser que j'ai toutes ces qualités mais en fait non, lol. Bon on verra bien, j'ai bien fait semblant, j'avais bien tous les éléments de langage de la secte. Si ça passe tant mieux, financièrement c'est vraiment intéressant et pour le calcul de mon hypothétique retraite de dans 12 ans ça ne peut être qu'un bien. Si ça casse, ben tant mieux aussi car en fait c'est vraiment énormément de boulot, de compromission et d'absence de mon domicile et vu ma santé....

Sinon, je continue à me languir de mes enfants. J'ai passé une heure sympathique avec number 2 la semaine dernière, et 10 minutes au téléphone avec number 1 hier soir. C'est peu. Et beaucoup. Ils me semblent si loin de moi. Je ne retrouve plus de vraie complicité, par exemple je serai incapable de leur faire un cadeau qui leur plaise vraiment. Je ne sais plus ce qu'ils aiment ou les intéresse. Je n'ai eu aucun écho sur l'utilité de mes cadeaux de Noël... Surtout numéro 1. Il est tellement à fond dans sa lutte contre l'alcool qu'il semble que rien ne l'intéresse plus, ni personne. Il me semble que si je disparaissais demain sans donner de nouvelles, aucun ne s'en inquièterait avant des mois... En tous cas je ne leur  manquerais pas. Il y a longtemps que leur vie est organisée sans penser à moi. Alors qu'il m'arrive encore d'avoir envie de décrocher le téléphone pour partager un truc avec ma mère. 

Si on pouvait partager des vrais moments, sur la durée, de temps en temps, un week end, trois jours... Des petits déjeuners, des balades, du temps sans regarder la montre... Ce temps partagé, authentique, me manque tellement. Je ne m'y fais pas. C'est comme une énorme fissure en moi d'où s'écoule toute ma force vive.

Je suis en mode automatique. Je n'arrive pas à me motiver, et tout ce que je fais, je le fais parce qu'il faut le faire. Je me force. Je n'ai pas envie. Tout m'agace et les rapports humains tout particulièrement. 

Les conversations de cantine me donne de l'urticaire. Entre ceux qui veulent voter Macron, ceux qui vomissent sur la gauche, ceux qui ne parlent que de consommer, ceux qui refusent de faire grève lundi mais râlent tout le temps sur le boulot et nos salaires, ceux qui veulent sauver l'humanité toute entière, où au contraire sont purement narcissiques, je me retiens de hurler et de dire ce que je pense. Je suis en contrôle continu. Toujours souriante, toujours d'accord, toujours tolérante et sur mon quant à soi. Mais ça bouillonne là-dedans.

Pourtant je n'ai aucune envie de militer à nouveau, j'ai rencontré trop de cons quand je l'ai fait. Je n'ai pas envie d'aller à la chorale bien que j'adore chanter car supporter l'organisation sociale d'une chorale est au-dessus de mes forces, les petites vieilles qui exigent la jupe noire et le chemisier blanc, sans oublier l'écharpe rouge,  pour les concerts, je ne peux plus....

 Je me cherche de nouveaux hobbies, mais rien ne me dit. Surtout rien où il faut se frotter à l'humain. Sans doute que je m'y frotte trop dans l'exercice de mon travail. Mais je me dis que c'est maintenant que je prépare demain. Et qu'il faut que j'ai des pistes pour ne pas m'ennuyer à la retraite dans 13 courtes années (et si longues aussi !) Tant pis, si je ne trouve rien à faire, je mourrai. C'est pas mal de mourir jeune. Quand on nous regrette et qu'on a pas eu le temps de devenir un poids pour ses enfants.  De toute façon, d'ici là, ils nous proposeront bien l'euthanasie comme dans "Soleil Vert". La planète n'en peut plus, on est trop nombreux et les vieux vont devenir un poids intolérable, pire leur simple vue insupportera.  Il faudra nous é-li-mi-ner. Je le sens bien comme ça. 

Bien, bien, bien, en attendant, j'ai la lâcheté de continuer à vivre. ça durera ce que ça durera. 

Yves Duteil - Mélancolie