la cité

ste chapelle 02 2017

Hier, il faisait beau.

On est allé à Paris chasser le Pokemon. Paris est une forêt de Pokestops, remplie de Pokemons rares. Un bonheur de chasseur. Je préfère ça à la Galinette cendrée, que voulez vous... Il y en a pour me dire en ricanant avec mépris : "Tu joues à Pokemon Go !!???" Tandis qu'eux se déguisent chaque week-end en schtroumpf orange fluo décathlon à fond la forme pour aller courir au milieu de la pollution, ou s'offrent des bâtons de ski pour marcher sur le sable... Chacun son truc. Garde toi de juger l'autre...

On avait le choix entre le parc de la Villette, meilleur spot de Paris, ou le jardin des plantes, moins bon mais tellement plus plaisant. On a pris le RER jusqu'à Châtelet et on a rejoint le Jardin des Plantes en passant par les quais et les petites rues moyenageuses du 5ème arrondissement. Une halte rue Mouffetard pour manger un Couscous, dans un petit resto que je connais depuis 1983... C'est là que j'ai mangé pour la première fois de ma vie avec un homme qui voulait plus si affinités... J'y avais eu la peur de ma vie, je ne connaissais pas les caves de St Germain et j'ai bien cru que j'étais tombée dans un traquenard... Finalement j'ai eu deux beaux enfants avec cet homme, et ce resto est resté, en quelque sorte, notre quartier général parisien. On s'y retrouve souvent en famille élargie...  Bonheur... Paris reste trop habité pour moi, la densité de population est intolérable, mais c'est vraiment beau... On en oublierait que l'on respire de la merde.

On a pu prendre un café avec fils deuxième du nom. Il est arrivé en Vélib. M'étonneront toujours mes enfants. Reste que la priorité de sa vie est le boulot et qu'il ne prend pas soin de lui, or, je sais bien le peu qu'un employé représente pour un patron et je voudrais qu'il préserve le seul capital que j'ai pu lui transmettre : la santé....

On est rentrés à pieds, par les arènes de Lutèce, la rue monge, le quartier St Michel, repris le pont, on a pu admiré la canopée du forum des halles... Cependant, pas un endroit ne me donnait envie de me poser vraiment. Cette ville, pour magnifique fut-elle (et elle ne le doit pas au 50 dernières années), est une bulle qui explosera... Elle explose déjà, repoussant ses habitants besogneux sur ses banlieues de plus en plus invivables. Et puis ces bouibouis nombreux, salons de massages, coiffeurs afro, prothésistes ongulaires qui exercent en dehors de toutes normes de sécurité, droit du travail, comment passent ils au travers des mailles du filet ??? Essayez, vous d'ouvrir une gargotte...

Sinon ma semaine fut difficile. La fatigue ne me quitte pas, j'en suis souvent hébétée. Je comptais préparer l'entretien de mercredi prochain, apprendre par coeur les éléments de langage qui vont bien... Pffffffff Mon cerveau en chewing gum ne veut rien savoir. J'y vais brute de pomme et ça passe où ça casse, je ne vais pas me mettre la râte au court bouillon. D'autant que la concurrence est rude, et que je sais que je n'ai pas les appuis qu'il faut.... Mais qui ne tente rien n'a rien.

Mes clients m'épuisent. Ceux pour qui  je ne peux rien, trop vieux, trop moches, trop gros, trop incultes, trop étrangers... Ceux qui sont en demande affective énorme et voudrais que je les materne, fasse à leur place, les accompagne... Ceux qui se foutent de ma gueule et abusent du système confortablement assis dans leur canapé vivant des subsides de l'état, ceux-là même qui font défaut aux petits retraités, aux handicapés, aux malades.... Ceux qui débarquent mais détestent la France et le proclament, haïssent les français, et exigent une maison, une voiture, un standard de vie comme dans les films américains, sans se casser le beignet... Ceux qui sont une montagne de problèmes et de freins telle qu'on ne sait pas par quel bout les prendre et que l'on sait que la cause est perdue pour toujours. Mais...

Une chose est certaine. L'assistanat a tué toute velléité des gens à s'en sortir par le travail. Pour beaucoup c'est : Je veux, j'exige, combien vous me donnez... Il faut les prendre en charge de A à Z. Le permis de conduire par exemple ! Nous, on a tous travaillé un été pour se le payer en septembre... Eux, attendent que l'état leur paie. Et comme il ne leur a rien coûté, ils s'empressent de le perdre 3 mois plus tard sur la première autoroute venue. S'ils travaillent l'été c'est pour se payer un billet d'avion pour des vacances au soleil....

Je me demande comment le tourisme arrive à survivre en France. Je n'entends parler que de vacances sous les tropiques, en Asie, aux States, aux Emirats... Mais du Tarn, de l'Ardèche, du Berry, de la Vienne... Que nenni... Et pourtant, pour les enfants ce serait formateur de connaître le pays où ils vivent, où ils sont nés. Et de rattacher des lieux à des cours d'histoire et de géographie... Je connais des gens qui préfèrent une semaine en club à Punta Cana plutôt que 3 semaines de camping à Rocamadour... Les mêmes te parlent d'écologie, d'environnement, de droits sociaux (ha, les droits sociaux à Punta Cana !!!)  Je ne comprends pas. Je ne comprends plus ce monde.

Je ferme ma gueule. Je fais semblant d'approuver et de comprendre. Politiquement je ne m'y retrouve plus non plus. C'est un peu comme si je n'étais déjà plus là. Habiter un monde qu'on  ne comprends pas, qu'on désapprouve, que l'on méprise, c'est fatigant.

Je suis fatiguée.

une rue du 5 ème