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Entre 2002 et 2017 ma vie a été assez souvent tumultueuse. Mais alors souvent.

Déjà, j'ai repris un boulot. Un boulot après 17 ans sans travailler ce n'est pas une mince affaire. Quand je vois le cinéma qu'on fait pour les demandeurs d'emploi très longue durée, tous les dispositifs proposés, les aides déployées, quand moi, qui m'étais arrêtée de travailler à l'époque de la machine à écrire et réintégrais l'emploi à l'ére de l'ordinateur, j'ai fait ça d'un coup, zou. Je me suis levée, j'ai cherché le job dont personne ne voudrait, et je me suis lancée. Le jour J, j'ai mis mon mon réveil, et je suis allée travailler. Heureusement, j'avais su autonomiser mes enfants, bien que mère au foyer, et je pense que la transition n'a pas été insurmontable pour eux.

Ensuite j'ai divorcé. Pas facile de mettre fin à 20 ans de vie commune avec quelqu'un qui ne me torturait pas mais juste m'avait coupé les ailes. C'est lorsqu'il a protesté parce que mon nouvel emploi nous faisait diner à 19h30 au lieu de 19 h que la décision fut prise. Et il a fallu, vendre la maison que j'aimais, quitter la ville où habitaient ma mère et ma soeur, trouver un nouveau nid... 

Puis j'ai rencontré L'homme que j'aime, après bien des rencontres internet qui m'ont permis de vivre à 40 ans l'adolescence que je n'avais pas eu pour cause de responsabilités familiales. Ce Loulou, je l'ai choisi entre tous. Et je ne regrette pas. Même si les choses furent très difficiles avec les charmants et que cela a entaché nos premières années d'une ombre indélébile.

Puis j'ai découvert les addictions de fils ainé. Et il a fallu gérer, la descente aux enfers, son départ vers son indépendance, et on sait ce qu'il en a fait, sa santé, sa détresse, son refus d'affection mais son inépuisable besoin d'être rassuré...

Puis fils numéro deux m'a annoncé sa différence, celle que la société condamne si promptement, comme si on en avait quelque chose à faire de ce que les gens font avec leur cul, tant qu'ils ne nous emmerdent pas !! Et à 17 ans et demi, alors que ma mère partait, elle,  pour le grand voyage, celui dont on ne revient pas, mon deuxième fils pris son envol.Comme un chef hein ! Il a tout géré et très franchement ne m'a posé aucun problème majeur ! Heureusement, j'avais assez à me ronger les sangs pour son frère.

J'ai quand même du gérer en 2007, l'agonie de ma mère et l'organisation de mon remariage. Un mariage et un enterrement. Comme ça le titre est rigolo, mais ce fut terriblement dur. Le départ de numéro deux a fini de m'assommer. D'autant que Monsieur Ex demandait à récupérer le chien qui nous était commun et était mieux avec lui près de la grande forêt, c'est sûr, mais ce fut encore une immense perte. 

Ma tante est morte, ma famille maternelle était donc totalement évaporée...

Puis j'ai démissionné de mon travail dans les pompes funèbres et j'ai du transférer mes compétences sur un nouvel emploi. Ce ne fut pas sans incertitudes et tatonnements, entrecoupés de courtes périodes de chômage... Angoisse

Il y a eu toutes mes difficultés de boulot à Ville de Pauvres et le harcèlement dont j'ai été victime.

Il y a eu tous les problèmes (je vous en épargne la liste) avec les charmants et Mme EX, ce qui nous a conduit à cesser des les voir, ainsi que la famille de mon mari. 

 Les problèmes de santé de ma soeur, qui avec un cancer et une épilepsie ++, à fait fort. A cela s'ajoute sa gestion très personnelle de sa vie très anxiogène pour moi...

 Les travaux de la maison ( et ceux qui restent à faire)... Et leur cortège de découragement et catastrophe... 

Il y a eu mes opérations, mes dépressions, mes problèmes de santé (de vieillerie)...

Bon j'ai fait une liste courte hein, mais chaque chapitre pourrait être développé sur plusieurs pages !!!

Il y a du positif aussi : J'ai trouvé le boulot qui me va, ma maison a meilleure mine, nous avons acheté Kérity et ça c'est un luxe auquel je pensais n'avoir jamais accès, mes fils sont en CDI, l'un fait une brillante carrière, l'autre est apprécié malgré ses problèmes de santé (à présent vaincus), je suis devenue mince (mais vieille), nous avons des salaires corrects voire plus et pas trop de soucis.

Mais bon. Vous aviez raison dans vos précédents commentaires. Je suis déprimée. Peut-être le cumul de tout ça, le retour de bâton... Peut être qu'en ce moment je n'ai pas assez de problèmes et du coup je me sens un peu inutile... En tous cas je gère très mal affectivement l'absence de mes enfants. 

Cet appartement à Kerity, je l'imaginais accueillant successivement nos enfants respectifs. J'aurais vraiment voulu réussir à fonder une famille agrandie. J'ai râté. Bon mes enfants apprécient cet endroit mais ils préfèrent y venir quand je n'y suis pas...

Je me sens sans arrêt les bras vides... Peut être que j'aurai du faire le petit dernier à 40 ans, comme beaucoup de mes copines, aujourd'hui je gérerais les hauts et les bas d'un charmant adolescent de 14 ans... lol... En fait non, je trouve que ça doit être terrifiant d'avoir un ado dans ce monde....

Je traine aussi mon complexe de petite fille pauvre. Je n'arrive pas à jouir de la vie, à être insouciante, à me faire plaisir comme on dit. Quand je le fais je culpabilise. Ce qui me fait vraiment du bien c'est de faire plaisir aux autres... J'ai toujours compté mes sous, j'ai toujours vu mes parents compter leurs sous, je n'ai pas été élevée dans le superflu, le luxe, ni même l'envie. Avoir l'air, passer pour, oui. Avoir, posséder, capitaliser, Non... On faisait durer les affaires, on respectait les objets. J'ai du mal à changer pour changer, parce que la mode le dit... Il faut que je travaille là-dessus aussi, que je me "détende" par rapport à l'argent...

Bon. Je vais travailler tout ça. 

J'ai pris rendez vous pour lundi prochain avec ma praticienne Shiatsu qui m'a toujours remontée de mes déprimes. Je vais faire quelques séances...

Je vais reprendre le do-in, et réinvestir mon vélo elliptique, me bouger pour retrouver des sensations... 

Et je pense à faire du cheval. Je n'en ai jamais fait, je veux juste faire de la balade. mais la communication avec un cheval me fera peut être du bien...

Voilà. Je n'avais pas pris de bonnes résolutions en janvier, elles sont là....

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